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Epilepsie : une neurologue de Clermont-Ferrand donne des clefs pour comprendre le dépistage et les traitements


Epilepsie : une neurologue de Clermont-Ferrand donne des clefs pour comprendre le dépistage et les traitements
Source : © www.lamontagne.fr
Date de parution : 03/02/2020
Epilepsie : une neurologue de Clermont-Ferrand donne des clefs pour comprendre le dépistage et les traitements
Dépistage par recherche d’activité épileptique sur des enregistrements d’électroencéphalogramme (EEG) au CHU de Clermont-Ferrand. 

Toutes formes confondues, l’épilepsie touche plus de 700.000 personnes en France, soit 1 % de la population. Une maladie chronique dont la prise en charge livre de nouvelles perspectives pour 2021. Décryptage avec le Laboratoire d’exploration fonctionnelle de neurologie et d’épileptologie de Clermont-Ferrand.
L’épilepsie est loin de se résumer aux seules crises convulsives avec perte de conscience ; ce redouté « grand mal ». Il en existe environ 50 formes différentes plus ou moins redoutables et invalidantes.
L’éventail des manifestations, symptômes et d’évolutions possibles est complexe. Mais le constat est limpide : c’est la deuxième maladie neurologique chronique la plus fréquente, derrière la migraine.

Le Dr Sophie Mathais, neurologue au Laboratoire d’exploration fonctionnelle de neurologie et d’épileptologie, suit actuellement 418 patients au CHU de Clermont-Ferrand qui fait office de centre de référence pour l’Auvergne.

Comment s’organise le dépistage en Auvergne ?

"Il est à la fois clinique et basé sur la recherche d’activité épileptique sur des enregistrements d’électroencéphalogramme (EEG)."
"L’épilepsie peut prendre beaucoup de formes différentes du fait de son origine, de l’âge… L’écoute du patient est très importante."

"Ceci, aussi, parce que l’observance du traitement est primordiale : le sevrage et le non-respect des horaires de prise peuvent déclencher une crise."


Le risque de décès prématuré est multiplié par trois. Est-ce suffisamment diagnostiqué ?"Il y a de gros biais diagnostics. Mais chez nous, on voit plutôt une sur-orientation vers les centres de dépistage."
"C’est une pathologie qui fait peur, mais près de 40 % des personnes qui nous sont adressées ne sont pas épileptiques."


"Le cerveau peut être à l’origine d’une crise sans que l’on soit épileptique : parce que l’on n’a pas dormi pendant plus de 24 heures, après une forte consommation d’alcool… Certaines pathologies cardiaques peuvent aussi provoquer de petites syncopes qui font penser à des crises d’épilepsie."

"Dans une vie entière, une personne sur dix peut faire une crise."

"À l’inverse, il existe des formes qui se manifestent de manière moins caractéristique. Par exemple par des sensations brutales de distorsion de la réalité ; des moments d’absence, handicapants pour des ados qui vont rater des consignes en classe ; ou encore des angoisses qui disparaissent aussi vite qu’elles sont apparues…"

Quelles prises en charge ? Quelles nouveautés ?

"L’année 2020 a été marquée par l’arrivée du Brinvact : un médicament antiépileptique dont la molécule a évolué pour en diminuer les effets secondaires (agitation notamment). C’est un signe très positif de voir les laboratoires ne plus seulement se soucier des effets sur le contrôle des crises, mais aussi du confort des malades."

"Le seul traitement curatif est la chirurgie de l’épilepsie, pour les formes pharmaco-résistantes. Nous adressons une dizaine de patients par an à l’hôpital neurologique de Lyon avec lequel nous avons l’habitude de travailler. Mais il faut avoir la certitude que le secteur de départ de la crise, dans le cerveau, ne se situe pas dans une zone fonctionnelle (motricité ou langage)."

"À Clermont, on pratique aussi, depuis une dizaine d’années, la pose d’un stimulateur du nerf vague. L’avantage de ce dispositif est qu’il peut être proposé à tous"

"Sous ce dispositif, il y a des gens qui deviennent libres de crise. D’autres sur lesquels cela ne fonctionne pas du tout. L’objectif est de réduire la fréquence des crises de 50 % en moyenne.

Où en est l’expérimentation sur le cannabis thérapeutique ?

"Elle était prévue pour 2020. Elle est en train de se mettre en place. Elle devrait démarrer d’ici le 31 mars 2021 pour cinq grands axes de traitement dont l’épilepsie."
"Le CHU de Clermont-Ferrand a donné son accord pour y participer mais nous ne savons pas encore combien de patients pourront être inclus dans cette expérimentation."


En ce qui concerne le cannabis thérapeutique, l’Epidyolex est déjà utilisé depuis deux ans en France. Mais il reste réservé à des indications thérapeutiques très précises chez l’enfant.

Anne Bourges
anne.bourges@centrefrance.com Follow @a_bourges


Lu 228 fois modifié le 22 Février 2021